Interview_SEB_CAMDEN_Mapping_Motion Podcast

Interview de Sebastien Camden, réalisateur et motion designer


Salut les motions, je suis très heureux de vous proposer aujourd’hui un nouveau podcast et un nouvel article issus de mon interview du talentueux Sébastien Camden.

Sébastien est Motion designer et Réalisateur. Il a co-fondé le Studio Pusher en 2014 avant de poursuivre sa carrière en solo. Il a très généreusement accepté de m’accorder un peu de son temps pour une interview en podcast, où l’on a parlé en autres de son parcours, de sa définition du motion design, de typographie, d’inspiration, d’entrepreneuriat, de freelance et même de sa vision pour le futur de la profession.

L’interview podcast dure plus d’1h25. On a vraiment eu du fun à parler ensemble de motion design.
J’ai essayé de faire un petit résumé sous forme de questions/réponses dans cet article, avec en plus tous les liens des références que nous mentionnons à la fin de l’article.
Bien entendu, nous avons fait bon nombre de digressions intéressantes et c’est pour ça que je vous recommande vraiment d’écouter entièrement le podcast. Sébastien nous y partage beaucoup plus de choses inspirantes.

Dernier point, il s’agissait respectivement de notre premier podcast à Sébastien et à moi-même. Soyez donc indulgents et donnez-nous vos retours en commentaires pour que l’on puisse s’améliorer à l’avenir 😉



Quelle est ta formation ?

Sébastien : J’ai commencé au Cégep en Design Graphique (Équivalent du Bac Pro Graphisme en France), une formation professionnelle de 3 ans avant l’université. J’y ai appris toutes les bases du graphisme, la syntaxe du design graphique (compositions, couleurs, typographie). Parmi tout ça, j’ai également découvert le logiciel Flash (ndlr devenu Animate depuis).

Quand j’ai terminé le Cégep, j’ai poursuivi à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) un Bachelor en design graphique.
Une formation davantage basée sur la direction artistique et les fondations d’une identité qui fonctionne, que sur l’aspect technique. Encore là, il n’y avait pas beaucoup de notions sur le motion design.

Pendant ma première année d’université, je ne me sentais pas à ma place. Je me suis retrouvé dans une formation un peu vieille, dont environ la moitié du programme était une mise à niveau pour des profils venant d’autres horizons.
Heureusement, je m’étais inscrit à un voyage d’étude et pendant mon 4ème semestre j’ai étudié à Genève en Suisse.
Il y avait d’un coté un aspect design graphique/illustration/conception d’image et d’un autre côté du motion design et de la post-production. Ce qui était parfait pour moi et c’est là où j’ai appris les bases du motion design.

Étant cinéphile depuis toujours et apprenant le design graphique, j’ai vu dans le motion design un “pont” entre le film et le design.


Si tu devais définir le motion design en quelques mots ?

Sébastien : Pour moi, le motion design c’est utiliser l’animation pour transmettre un message. On parle de design comme de la résolution de problème, comme vendre un produit, accentuer une visibilité ou faire passer une idée.
J’ai l’impression que mettre motion juste avant design correspond à inclure la notion du temps pour résoudre le problème. En utilisant la fonction temps, à travers l’animation. Il y a la notion de raconter une histoire, faire du storytelling.


Comment as-tu débuté ta carrière ? As-tu commencé tout de suite en temps qu’indépendant ?

Sébastien : Quand je suis revenu de Suisse, j’ai retrouvé mon très bon ami Samuel Charlebois avec qui j’avais étudié auparavant, qui de son coté avait commencé à prendre des contrats en motion design sans nécessairement savoir comment faire.
La connexion et l’idée de créer le studio Pusher c’est fait pendant une soirée bien arrosée.
On a évité de commencer en agence car on avait peur de ne pas pouvoir travailler directement sur des projets de motion design.

On a donc commencé à créer le studio dans ma chambre d’appartement avec deux bureaux IKEA et l’envie de faire des projets ensemble.


Comment se passe la réception d’une commande, comment fais-tu lorsque l’on te contacte pour un projet dont tu n’as pas forcément les compétences pour ?

Sébastien : Je me retrouve souvent confronté à des projets où je me demande comment je vais les réaliser ! Ma formation en design ne fait pas de moi un expert technique sur tous les plugins et logiciels.

Alors quand je réceptionne un projet de ce type, je regarde dans mon réseau, quelle personne pourrait correspondre au projet et venir travailler avec moi.
Je suis un grand fan de collaboration ! Dépendamment du projet et du budget, parfois je préfère être seul et avoir le contrôle sur tout le processus, mais bien souvent j’aime travailler avec des gens qui ont d’autres domaines d’expertise et qui sont meilleurs que moi dans ces domaines. Actuellement, je collabore régulièrement avec des artistes 3D.


As-tu des mentors ?

Sébastien : Quand on a commencé avec Sam, il y a eu le motion designer Ros-B qui nous a pris sous son aile en nous offrant de belles opportunités en travaillant avec lui. Nous avions notamment travaillé avec lui sur des visuels pour un show de Taylor Swift pendant 2 mois.
Ça a été très formateur. Il nous a appris à être rigoureux avec After Effects, à bien travailler avec les cameras ou encore avec certains plugins comme Trapcode, à accélérer les rendus ou bien encore à bien choisir son matériel.
Il nous a permis de passer au niveau supérieur. Depuis, nous sommes devenus amis et sommes toujours en contact.


Actuellement, te définirais-tu plus comme un motion designer ou comme un réalisateur ?

Sébastien : Je commence à me définir comme un motion designer/director. Je vais souvent avoir des contrats où je suis plus un réalisateur qu’un motion designer. Je vais guider l’équipe de motion design.
En fait, en fonction du projet, je peux être amené à avoir l’un ou l’autre rôle. Si on prend un projet comme Ergonofis, qui est un projet multidisciplinaires, il y a du live action, du stop motion, de la 3D, de la 2D, de la captation, etc. J’ai eu le chapeau de réalisateur et j’ai dû trouver les bonnes personnes pour réaliser les différentes parties du projet.
C’est vraiment ce type de projets que je voudrais réaliser à l’avenir.

Pour un projet comme Volvo, j’étais commandité comme motion designer à la base. La direction artistique et la réalisation était déjà établie, mais j’ai finalement collaboré et dirigé un artiste 3D, Aaron Kaufman, pour la partie de motion qui m’était demandée, car elle nécessitait de la modélisation et de l’animation 3D. Finalement j’étais à la fois motion designer et réalisateur.


Je remarque que tes derniers projets sont très publicitaires, tout en gardant un fort attrait pour la typographie. Est-ce une volonté et une signature de ta part ?

Sébastien : On me l’a déjà fait remarquer effectivement. Je pense que ça vient du fait que j’ai eu l’occasion de travailler sur le réel du studio photographique Rodeo, dont la DA avait été réalisée par Cosette et qui était basée sur la typographie.
Le projet ayant connu pas mal de succès, nous avons gagné un prix Grafika grâce à lui.
J’ai eu par la suite beaucoup de demande du style ” on voudrait une vidéo avec de la typo comme Rodéo ! ”

J’ai réalisé peu de temps après une vidéo pour RAD en pur typographie également, puis pour l’Opéra de Montréal. Au fur et à mesure, j’ai fini par être spécialisé en typographie. Je me considère être choyé d’être contacté pour des projets typographiques.


Qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

Sébastien : Au niveau motion, je regarde tous les jours la chaine Vimeo Wine After Coffee. Je trouve le niveau des productions misent en avant incroyable.
Le réalisateur Tarantino est une de mes plus grandes sources d’inspiration. Sinon une série comme Stranger Things avec son générique est également inspirante.

Dernièrement j’ai vu une exposition de Picasso en Espagne qui m’a vraiment bouleversé. Finalement, l’inspiration me vient également de la vie de tous les jours.

Sinon je ne suis pas du tout sur les plateformes comme Behance ou Dribble. Je crois que l’outil de recherche de Behance est vraiment mauvais.
En plus, avec l’explosion des mockups, tous les projets ont tendance à se ressembler. Je pense que les motion designers peuvent clairement se passer de Behance.

Par contre, Instagram permet de suivre les artistes et de voir leur parcours et pour qui ils travaillent. J’aime beaucoup cette application. J’ai d’ailleurs obtenu des projets grâce à elle.
Même si je me considère personnellement vraiment mauvais sur Instagram, du moins pas assez régulier dans mes publications.


Comment vois-tu l’avenir du motion design dans une dizaines d’années ?

Sébastien : C’est une question que je me pose souvent. Comment anticiper et être prêt pour les prochaines années en motion design ? Car on a tous envie de continuer à avoir du travail dans le futur. Ce que je pense c’est que le motion design va continuer de se démocratiser et va être de plus en plus présent dans la vie des gens. J’ai l’impression que les agences vont vouloir développer à l’interne des studios de motion (in House) et venir concurrencer les petits studios de motion.

Ceci combiné avec le fait que les étudiants vont avoir une bonne formation en motion design en sortant du collège ou de l’université. Il va y avoir des spécialisations et des programmes spéciaux pour devenir motion designer. Il va y avoir des jeunes de 23 ans qui vont sortir mieux formés et qui vont intégrer les équipes motion à l’intérieur des agences.

Merci encore à Sébastien pour m’avoir reçu dans ses locaux. J’espère que cette entrevue vous plaira autant que j’ai pris du plaisir à l’enregistrer !

Jeremy


Liens des références citées pendant l’interview :

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *