Big data et intelligence artificielle : les créations interstellaires du studio Ouchhh

Aujourd’hui je vais vous parler des productions du studio Ouchhh. Basé à Istanbul, il s’agit d’un studio international de créations numériques avec une expertise en data sculpture et expérience immersive. L’entreprise s’est spécialisée ses dernières années dans l’utilisation d’intelligences artificielles et de données comme matière première pour imaginer leurs œuvres.

DATA GATE : Une sculpture interstellaire

Dans DATA GATE leur dernier projet, il utilise ni plus ni moins que les données du télescope spatial Kepler appartenant à la NASA qui scrute l’espace depuis plus de 9 ans maintenant. Ce télescope a trouvé 2 662 planètes semblable à la notre au sein d’un système solaire, à recensé 61 supernovae et observé 530 506 étoiles.
L’oeuvre est exposé au public à Nanjing, dans la province du Jiangsu, dans l’est de la Chine.



Parlons un peu plus de l’oeuvre en elle-même. Il s’agit d’une gigantesque structure de led en forme de cube de plus de 15 tonne, reposant sur une des ses arrêtes.


DATA GATE
Le cube est incliné sur une arrête © Ouchhh

© Ouchhh

©© Ouchhh

© Ouchhh

Composée de trois sections, Forme, Lumière et Espace, l’œuvre applique la technique de Machine Learning (apprentissage automatique) aux données acquises par le télescope spatial Kepler de la NASA.
D’après les créateurs, l’installation transforme les données en signaux, puis les convertit en éléments visuels animés avant de les diffuser à sa surface. Un principe de production picturale originale qui permet au public de plonger dans le monde fascinant de la découverte de l’espace en observant les exoplanètes – (ndlr : planètes qui gravitent autour d’autres étoiles).

Les créateurs espèrent que l’oeuvre servirait de passerelle entre la Terre et d’autres planètes éventuellement habitables de l’univers. Ils ont même ouvert un site pour que tous un chacun puisse écrire un message qui sera envoyé dans l’espace.


DATAGATE SPACE
Le site datagate, comme une bouteille à la mer © Ouchhh

Je trouve la démarche amusante et faisant beaucoup de sens avec le concept de base. Je dois dire que cette structure me fait personnellement penser au monolithe dans 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Surtout pour le côté épuré de sa forme et son côté minéral. Le rapport d’échelle, son coté monumental vis-à-vis des spectateurs qui l’entoure est aussi similaire. Il y a un petit côté Stargate SG1, sisi rapelle-toi les Goa’uld, les vaisseaux en forme de pyramides et tout ça.


Sommes-nous un peu comme ces singes face à cette oeuvre ? © 2001 l’odyssée de l’espace

Data gate ou Stargate © Stargate SG1

Du python et du Houdini en masse !

D’un point de vue visuel et motion design, il n’y a pas encore beaucoup de détails sinon qu’ils ont utilisé le langage de programmation python à l’intérieur du logiciel de 3D VFX Houdini pour générer ces visuels.

Le résultat est en tout cas très réussi et impressionnant. Au niveau de la direction artistique, c’est de haut niveau : la forme est bien maîtrisée, le rythme et les animations sont dynamiques, très modernes dans leurs transitions.
Nous sommes dans une esthétique inspirée de la science fiction avec un mélange de matières à la fois minérales et organiques de belle facture. Reste à voir le résultat en diffusion pour vraiment apprécier ou non le résultat.
Malheureusement ils ne communiquent pas non plus sur la manière dont les visuels sont générés et nous ne pouvons que supposer.
Quels sont les critères et à quoi correspond leur matérialisation graphique ? Ont-ils travaillé un véritable langage graphique, un alphabet visuel en quelque sorte, qui nous permettrait d’appréhender et d’en apprendre plus sur ces planètes ?

Même questionnement concernant le sound design. Dans les vidéos il n’y a pas à dire : il tabasse bien ! Mais que vaut-il en vrai in situ ?
Et surtout, apporte-il des clés de compréhension ? Comment est-il généré ? Il y a-t-il un sens ou bien sert-il juste à habiller l’image ?

J’espère vraiment que les visuels et le son fassent sens avec les informations qu’envoie le télescope Kepler.
La composition minéral ou gazeuse de la surface des différentes planètes par exemple pourrait être déterminé picturalement et codifié. À la vue de ces visuels je ne suis pas certain et j’ai bien l’impression que l’on est d’avantage dans une démonstration technique des capacités procédural de Houdini que dans la création de matières original. Donner un peu plus de consistance et de crédibilité scientifique à l’oeuvre.

Imaginez à quel point cet oeuvre gagnerait en profondeur si elle retranscrivait en fonctions des données perçus, une interprétation visuelle, cohérente et compréhensible. En claire créer un vrai langage graphique que le spectateur peut déchiffrer. Un peu à l’image de la communication entre les hommes et les Aliènes dans le film Premier contact. 


© Premier contact – 2016


Rappelons tout de même que la NASA a suivi l’évolution de la création de cette oeuvre. On peut donc espérer que les résultats soient plausibles et apportent une valeur scientifique à l’oeuvre.

Pour conclure, je trouve cette création vraiment intéressante dans le fond comme dans la forme. Il s’agit d’un exemple qui fera certainement date dans l’exploitation des données à des fins artistiques.

Voici quelques précédentes créations de Ouchhh utilisant également des données et de l’intelligence artificielle.

Je vous en parlais notamment de Poetic AI dans mon article sur l’atelier des Lumières à Paris.


iOTA est aussi une data sculpture réalisée il y a 2 ans.

Jeremy



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